Accord médico-mut: Solidaris déplore l'échec de la concertation sociale avec les dentistes

Les dentistes n'ont pas été suffisamment nombreux à adhérer à l'accord médico-mut conclu par les mutualités et les organisations professionnelles. Pour tout de même permettre à l'accord qui fixe les tarifs des soins remboursés d'entrer en vigueur, le gouvernement a dû abaisser mercredi le seuil minimum légal requis de conventionnement (de 60 à 55%). "Nous avons conclu avec les organisations professionnelles de dentistes un très bon accord. Mais il faut reconnaître que la concertation sociale n'a pas réussi à transformer l'essai", déplore jeudi le secrétaire général de Solidaris, Jean-Pascal Labille.

Résultat de ce faible taux: l' accord ne sera pas appliqué à l'ensemble du pays. En effet, la tarification ne pourra être pratiquée dans les neuf circonscriptions où elle n'a pas obtenu au moins 50% des adhésions. Dans ces zones, les dentistes sont libres de facturer les tarifs qu'ils souhaitent. 

L'abaissement du seuil minimum était nécessaire à l'implémentation la plus large possible de l'accord, reconnait Solidaris. La mutualité socialiste estime cependant qu'en agissant de la sorte "non seulement on nivelle vers le bas le niveau d'exigence en terme d'accessibilité financière mais aussi on déresponsabilise totalement les associations professionnelles dans la défense auprès de leurs bases des accords qu'elles ont approuvés". 

Pour Solidaris, le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke aurait dû "fixer des tarifs maximums d'honoraires". Cette disposition légale fait partie du compromis historique de 1964. Cela aurait permis une plus grande sécurité tarifaire pour l'ensemble des patients. Un élément essentiel au regard de la dernière étude de Solidaris qui pointait, en 2023, que 25% des Belges francophones avaient déjà renoncé à des soins dentaires pour raison financière. 

"La situation catastrophique sur le terrain aurait justifié qu'on suspende temporairement la liberté tarifaire des dentistes pour protéger l'accès aux soins", estime M. Labille. Ce dernier conclut en appelant les acteurs à se mettre autour de la table pour "réformer le système d'accords et de conventions et renforcer la concertation".

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