Suicide par médicaments : des recommandations de bonnes pratiques à destination des médecins et pharmaciens

Le Centre de référence de prévention du suicide de l’asbl « Un pass dans l’impasse » a mené une grande enquête auprès des médecins généralistes et des pharmaciens wallons afin d’émettre des recommandations de bonnes pratiques pour lutter contre le suicide par médicaments. Ces derniers étant le 2e moyen de se donner la mort en Belgique.

En 2018, 1.782 Belges se sont donné la mort. Le suicide est la première cause de décès chez les 15-44 ans. Les médicaments sont le deuxième moyen le plus utilisé par les femmes pour mettre fin à leurs jours et le troisième par les hommes. Qui plus est, les personnes en mal-être connaissent mal les composants de ces produits. Cela peut entraîner de lourdes conséquences telles qu’un handicap à vie, de vives souffrances… Face à ce dramatique constat, le Centre de référence de prévention du suicide de l’asbl « Un pass dans l’impasse » a mené une enquête auprès des médecins généralistes et des pharmaciens wallons. Leur profession les conduit à être en contact régulier avec des personnes en détresse pouvant avoir des idéations suicidaires. Il était donc essentiel de réfléchir avec eux aux bonnes pratiques à adopter et à les sensibiliser davantage à cette thématique.

Cette enquête a été diffusée du 3 mai au 15 juin et a notamment été relayée par l’INAMI, l’APB, l’Ordre des médecins ou encore la SSMG. Durant l’été, le Centre de référence de prévention du suicide a analysé ces données et en a tiré des recommandations de bonnes pratiques pour chacune de ces professions.

3 recommandations communes

« Trois d’entre elles sont communes aux médecins généralistes et aux pharmaciens. Premièrement, la communication entre ces deux corps de métier au sujet d’un patient en détresse suicidaire doit être accentuée. Il est, par exemple, essentiel que les pharmaciens alertent les médecins lorsqu’ils se rendent compte qu’une même prescription a été réalisée par différents généralistes pour un même patient ou que celui-ci ne respecte pas les prescriptions émises en se rendant à la pharmacie bien plus vite que prévu », explique Thomas Thirion, Administrateur Délégué de l’asbl « Un pass dans l’impasse ». « Deuxièmement, il est essentiel de prendre du temps avec le patient qu’on juge en détresse. Il faut écouter son mal-être, en discuter et le réorienter au mieux vers d’autres professionnels de la santé. Vous pouvez, par exemple, contacter avec lui le Centre de prévention du suicide et d'accompagnement d’asbl Un pass dans l'impasse au 081/777.150. Troisièmement, ces professions sont les "premiers confidents". Cette responsabilité n’est pas à minimiser. En effet, les médecins et les pharmaciens jouent un rôle déterminant dans la suite qui sera donnée au traitement ».

Pour les médecins généralistes, le Centre de référence de prévention du suicide leur conseille également de ne pas être dans de la prescription systématique d’antidépresseurs lorsqu'un patient est en mal-être mais de penser à la prescription de séances de psychothérapie. Il est recommandé pour les pharmaciens de sensibiliser les patients à retourner dans une officine les médicaments dont ils n’ont plus besoin ou les médicaments périmés qui se trouvent dans leur pharmacie personnelle.

Recommandations de bonnes pratiques pour les médecins généralistes

Vous souhaitez commenter cet article ?

L'accès à la totalité des fonctionnalités est réservé aux professionnels de la santé.

Si vous êtes un professionnel de la santé vous devez vous connecter ou vous inscrire gratuitement sur notre site pour accéder à la totalité de notre contenu.
Si vous êtes journaliste ou si vous souhaitez nous informer écrivez-nous à redaction@rmnet.be.