Assemblée générale des Nations unies - Mathilde appelle à reconnaître la santé mentale au même titre que la santé physique

"Il est impératif de créer une société qui reconnaît l'importance de la santé mentale au même titre que la santé physique", a déclaré mardi la reine Mathilde lors d'un événement organisé en marge de l'Assemblée générale des Nations unies à New York.

"Les citoyens ont besoin de se sentir bien mentalement pour vivre une vie épanouissante. Pourtant, la santé mentale n'est toujours pas considérée comme une priorité politique à travers le monde", a constaté la reine des Belges. "Dans le même temps, les personnes souffrant de troubles psychologiques continuent d'être victimes de stigmatisation et de discrimination."

La reine intervenait lors d'un panel de discussion - organisé par la Belgique et le Bhoutan ainsi que l'Organisation mondiale de la Santé, l'Unicef et l'ONG United for Global Mental Health - dans le but d'encourager l'action et l'investissement dans le domaine de la santé mentale, notamment dans les pays pauvres. Promouvoir la santé mentale fait partie des Objectifs de développement durable (ODD) adoptés par les Etats membres des Nations unies en 2015 et qui ont fait l'objet d'une attention particulière ces derniers jours. Mathilde est présente à New York en sa qualité d'ambassadrice des ODD. 

La reine a raconté avoir été frappée par la réalité du camp de réfugiés Cox's Bazar au Bangladesh, en particulier celle des jeunes filles sur place. "Déplacées de leurs maisons et de leurs communautés, elles se retrouvent souvent à l'intersection de multiples vulnérabilités. Dans cet environnement, les risques pour leur santé mentale sont particulièrement aigus", a-t-elle livré. 

Une personne sur huit dans le monde (selon l'OMS) et un adolescent sur sept âgé de 10 à 19 ans (d'après l'Unicef) vivent avec un trouble mental. Pourtant, la médiane mondiale des dépenses publiques consacrées à la santé mentale n'atteint pas les 2%.

La ministre belge de la Coopération au développement, Caroline Gennez (Vooruit), a également rappelé l'importance de la santé mentale lors de la prise en charge des victimes de conflits ou de catastrophes. Lorsqu'éclate un conflit, une personne sur cinq ressent une anxiété immédiate, tandis qu'une sur huit plonge dans des épisodes dépressifs à plus long terme.

La santé mentale des enfants et des adolescents ne doit pas être oubliée non plus. Les troubles psychologiques chez les enfants peuvent les empêcher de se développer, a indiqué Mme Gennez. 

"La jeunesse est une période formidable, mais on peut aussi se sentir bouleversé, triste, isolé et stressé", a relevé la Jamaïquaine Dannyelle-Jordan Bailey, déléguée à la jeunesse auprès de l'ONU. La santé mentale est fortement conditionnée par l'environnement d'une personne.

"La santé mentale dépend de la justice sociale, de la possibilité d'avoir un travail, un logement...", a également estimé la ministre argentine de la Santé Carla Vizzotti, qui s'apprête à accueillir un sommet international sur la santé mentale à Buenos Aires les 5 et 6 octobre prochains. 

Même au Bhoutan, pourtant réputé pour son "bonheur national brut" inscrit dans sa constitution, la santé mentale de la population se détériore, ce qui a poussé les autorités à intégrer la pleine conscience et la méditation dans le système scolaire, et à inclure davantage la santé mentale dans le système de soins, notamment de proximité.

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